Magic Johnson, le business, la NBA, les Lakers et LeBron

Johnson prédit le nom des prochaines grandes équipes rivales au sein de la N.B.A, et évoque son seul regret du temps où il dirigeait les Los Angeles Lakers.,

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The New York Times traduit en français une sélection de ses meilleurs articles. Retrouvez-les ici.

Beaucoup d’athlètes de nos jours envisagent leur héritage au-delà des terrains de compétition, au travers d’entreprises qu’ils auront créées et de soutien apporté à leurs communautés. Magic Johnson a été pionnier de cet état d’esprit en fondant un empire commercial une fois sa carrière de joueur de la N.B.A, la National Basketball Association derrière lui.

“C’était tout naturel pour moi de revenir dans la communauté dans laquelle j’avais grandi, pour l’aider à changer, pour fonder des entreprises et créer des emplois pour les gens”, nous explique Johnson lors d’un récent entretien téléphonique. “Ce qui manquait dans la communauté Noire, c’était des services et des produits de qualité.”

Et Johnson de citer des joueurs comme LeBron James, Kevin Durant et Stephen Curry comme exemples de joueurs qui suivent ses pas: en inspirer d’autres, sur le terrain et en dehors.

Johnson a servi d’ambassadeur officieux de la N.B.A. pendant la quasi-totalité de sa vie d’adulte: sa rivalité avec Larry Bird et les Boston Celtics dans les années 1980 a propulsé vers des sommets la notoriété de la ligue auprès du grand public, et les exploits de la Dream Team dont il faisait partie aux Jeux Olympiques d’été en 1992 ont contribué à populariser le jeu à l’échelle mondiale.

Ce titre est maintenant officiel: pour célébrer ses 75 ans, la N.B.A. a choisi Johnson, Clyde Drexler Dirk Nowitzki, Bob Pettit et Oscar Robertson pour représenter, en 2021-2002, les différentes périodes de son histoire.

Johnson, qui a abruptement quitté son rôle de président des opérations basketball des Los Angeles Lakers en 2019, va également faire son retour cette saison sur la chaîne d’informations sportives ESPN comme commentateur dans l’émission “NBA Countdown”.

L’ancienne star des Lakers a accordé une interview au New York Times dans laquelle il évoque l’état actuel du basketball, cette ère d’émancipation des joueurs, et un regret personnel qu’il garde de son mandat à la tête des Lakers.

Cette interview a été condensée et légèrement éditée pour des besoins de clarté.

La N.B.A. connaîtra-t-elle à nouveau de vraies rivalités, comme dans les années 1980 quand les Lakers se retrouvaient presque toujours en finale contre les Celtics?

Je crois que, plus les Knicks et les Nets jouent, plus ça a des chances d’arriver, vous ne trouvez pas? Parce que Brooklyn est maintenant une équipe championne. Et les Knicks sont une équipe de playoff. Et c’est ce qu’on va voir. Donc ce qui se passe, c’est qu’il faut qu’elles soient bonnes au même moment. Il faut qu’il y ait vraiment de la haine entre elles.

Quand on voyait Philadelphia contre Boston, Dr. J [Julius Erving] et Larry Bird, Chicago contre Detroit, Isiah Thomas, Bad Boys contre les Bulls de Michael Jordan, ils avaient une vraie aversion les uns pour les autres. Donc je pense qu’on est en train de créer quelques-unes de ces rivalités. Je ne sais pas si elle sera un jour aussi intense que celle des Lakers-Celtics, mais si au moins on arrive à une espèce de rivalité, c’est prometteur.

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Pour Johnson (à gauche), qui a gagné cinq championnats avec les Los Angeles Lakers, le secret d’une vraie rivalité entre équipes de la N.B.A. est qu’il y ait “vraiment de la haine entre elles”.Credit…AP Photo/Lennox McLendon

Une grande partie de ce que vous laissez en héritage, c’est ce vous avez accompli en dehors des terrains de basket, comme businessman dans les commmunautés défavorisées. Qu’avez-vous appris en travaillant avec ces dernières, et quelles erreurs de grandes entreprises qui tentent de faire pareil avez-vous notées? voir ?

Eh bien le commerce de détail a fait l’erreur de penser qu’on ne pouvait pas faire d’argent avec la communauté Noire. Et sans surprise, on a prouvé le contraire avec les Magic Johnson Theatres . C’est pour ça qu’on voit les grands détaillants s’investir plus que jamais aujourd’hui dans l’Amérique urbaine, parce qu’ils savent qu’ils auront un retour sur investissement.

Ils essaient aussi de faire du bien dans nos communautés. Je dis toujours: on peut à la fois bien faire et faire du bien. Quand est arrivé toute cette histoire avec George Floyd, le fait qu’il ait été assassiné, on a vu beaucoup d’entreprises du Fortune 500 — parce qu’il y avait tellement de jeunes qui manifestaient dans les rues. Mais c’était pas juste des Noirs — c’était aussi des Blancs et d’autres groupes de personnes. C’est là que tout le monde s’est dit: “Ça suffit. Je dois faire quelque chose. Je vais investir dans l’Amérique urbaine. “

Pas mal de PDG m’ont appelé pour dire : “Earvin, on veut faire quelque chose. On n’a aucune idée quoi faire.” J’ai répondu, “Eh bien vous pourriez commencer avant tout par mettre de l’argent dans des petites banques Noires parce que le Paycheck Protection Program, un programme fédéral d’aide aux entreprises touchées par la pandémie, n’a pas eu de retombées chez les Latinos, les propriétaires de petites entreprises, les petits entrepreneurs Noirs, ou les femmes entrepreneures. Et si ces banques avaient des fonds, alors elles pourraient vraiment accorder des prêts à ces entrepreneurs ou aux gens qui veulent s’acheter un premier logement, dans la communauté Noire. Maintenant elles ont plus de cash pour accorder plus de prêts, n’est-ce pas?” Alors il y en a beaucoup qui ont fait ça. Ensuite je leur ai dit, “Écoutez, votre conseil d’administration doit refléter l’Amérique, alors il faut que vous recrutiez davantage de gens ou que vous élargissiez vos conseils d’administration, et aussi au niveau de la direction et de la haute hiérarchie, il faut inclure davantage de minorités à ce niveau-là.”

Est-ce que ça vous intéresserait de diriger à nouveau une franchise de la N.B.A?

Tout dépend de la situation, donc si de bonnes criconstances se présentent, j’y réfléchirai peut-être. Tout est une question de timing. Tout dépend de l’équipe. Moi je suis un Laker du matin au soir, donc il y a des chances que je retravaille avec Jeanie Buss, et c’est pas une blague. C’est sérieux.

On m’a déjà proposé d’être le propriétaire de certaines de ces équipes, et puis j’ai décliné ces offres. Mais encore une fois, j’aime tellement ce sport. Je connais ce sport. Je connais les joueurs. Je connais les agents. Ce qui est bien avec moi, c’est que je suis là où je sais ce qui marche. Je sais à quoi ressemble une équipe gagnante qui a sa place dans le championnat. Donc je sais comment parler aux joueurs — vous n’avez qu’à demander à Julius Randle et à Lonzon Ball et tous ceux-là, parce que j’aime les voir avancer et réussir si bien, et donc les aider à atteindre leur meilleur potentiel. C’était ça mon rôle, et après tu les vois y arriver. C’était vraiment bien de voir ça.

Rétrospectivement, y a-t-il des choses que vous auriez fait différemment à la direction des Lakers?

Non, j’avais un plan en tête. On était au dessus du plafond salarial. Mon plan était de nous faire passer ce plafond. On y est arrivé. J’ai dû faire des choix difficiles. Julius était en train de monter. Je sais que Larry Nance Jr. était en train de monter, donc on a dû prendre des décisions difficiles qui leur allaient, mais qui allaient aussi aux autres Lakers. Donc je ne pouvais pas leur signer ces rallonges parce que je savais que LeBron était en train de monter, et Kawhi Leonard et tous ces gars-là, donc j’essayais de réserver un peu de ce plafond, pour pouvoir signer une de ces superstars, parce qu’on ne peut pas gagner un championnat sans superstar. Au final, on a fait les choses comme il fallait.

La seule chose que j’aurais peut-être dû faire, c’était peut-être de parler à LeBron avant de démissionner, parce que je sentais que je lui devais ça, donc je dirais que c’est peut–être la seule erreur que j’aie faite, de ne pas avoir parlé à Jeanie ni parlé à LeBron avant les faits. Oui, ça je ne le referais pas pareil.

LeBron James est arrivé à Los Angeles tard dans sa carrière. Qu’est-ce qu’il peut faire pour gravir les échelons et devenir un des plus grands Lakers de l’histoire?

La réponse, vous la connaissez: gagner, c’est tout. Il faut qu’il en gagne un autre. Les fans des Lakers l’adorent déjà. Il nous en déjà gagné un. Il a déjà son maillot, qui sera accroché, mais la plupart des gars qui sont chez les Lakers ont gagné plusieurs championnats. C’est tout ce qu’il a à faire. En gagner un autre, c’est tout. Parce qu’après, il ne s’agit pas juste des Lakers. Il s’agit de l’héritage qu’il laisse ici, et c’est pas seulement ici — c’est à Hollywood aussi. LeBron, il est tellement extraordinaire, et pas uniquement comme joueur de basketball: c’est la plus grande célébrité dans la ville de la célébrité. Il faut lui reconnaître ça, aussi.

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